SE RECONCILIER AVEC SON VENTRE

février 23, 2018 9:26

SE RECONCILIER AVEC SON VENTRE

INTRODUCTION

Le système digestif est un écosystème fabuleux, d’une complexité telle que la science est loin d’avoir révélé tout son fonctionnement.
Nous connaissons mieux aujourd’hui ses interactions avec le cerveau. Quelques 200 millions de neurones entériques correspondent avec les 100 milliards de neurones de notre cerveau.
Une porte qui claque bien fort et c’est 200 milllions de cellules qui disent à notre intestin, « ne bouge plus, je crois qu’il y a un problème ». C’est le langage des neurones entériques pour dire : halte, constipation ! Sauf si les 200 millions de neurones ont dit : « ça sent le danger ici, évacue-moi tout ça tout de suite, on sera plus léger pour courir». Pas besoin d’un dessin pour la traduction.
Chacun sa manière de réagir au stress. Nous le savons bien, un stress psychologique rententit sur notre système digestif. Une bonne contrariété au dîner, et on mange toute la nuit de notre ratatouille favorite. A l’inverse, une constipation prolongée peut gâcher une belle semaine de vacances. Et si en une mâtinée, vous avez réussi à crier sur votre conjoint, vos enfants, votre chat, la boulangère, deux piétons et un collègue, demandez-vous si vous n’avez pas un peu forcé sur le sucre ces derniers temps. (Sinon, pensez à partir en vacances).

La flore intestinale, aussi appelée microbiote, a fait l’objet d’un très grand nombre d’études ces dernières décennies. Ce qu’elles révèlent est loin d’être épuisé. Notre flore intestinale, c’est environ 100 000 milliards de microbes dans notre intestin. En comparaison, notre corps contient 10 000 milliards de cellules. Vous l’avez compris, vous êtes à 10% humain, et à 90 % …bactérie ! Ces bactéries pèsent jusqu’à deux kilos.  Sans elles, pas de production de selles. Sans elles, pas de vitamine K et donc pas de coagulation, pas de fixation du calcium sur les os, des artères rigides et de l’inflammation en pagaille. Sans elles, pas de barrière anti-germes. Sans cette barrière, les allergènes pénètreraient dans le sang, nous serions allergiques à tout. Ce ne sont que quelques exemples de ses multiples fonctions.
La flore intestinale, c’est 1000 espèces de bactéries différentes. Mais chacun d’entre nous en possède un mélange d’environ 200 espèces. Ce mélange est propre à chacun, il aussi unique que nos empreintes digitales. Cet équilibre unique conditionne beaucoup de nos paramètres, depuis notre immunité, jusqu’à notre personnalité !
Il reste beaucoup à découvrir dans ce domaine, c’est pourquoi les connaissances dont nous sommes inondés sont souvent contradictoires. Il faut donc admettre que ce qui est affirmé maintenant sera contredit plus tard, en dehors des bases que je vais présenter.

Tellement d’informations contradictoires circulent en effet aujourd’hui sur ce qu’il faut faire et ne pas faire pour bien manger. Exemples :  Mangez des fruits en dessert. Mais : Manger des fruits après le repas engendre une fermentation des glucides et une production d’alcool pouvant provoquer une cirrhose.
Les produits laitiers sont nos amis pour la vie. Mais : Le lait de vache favorise le cancer.
Les pâtes et le pain sont des sucres lents bons pour la santé. Mais : Les aliments raffinés sont des sucres rapides et le gluten est une glue qui colle les intestins.
Les végétariens vivent plus longtemps. Mais : Les végétariens sont carencés.
Pour garder un ventre plat, mangez des fruits et des légumes. Mais : En cas de ballonnements, éviter les aliments crus.
Conclusion : le mieux est de s’armer de quelques notions, afin de se faire une idée juste de ce qui est souvent avancé sans justification.

Pour commencer, manger ne sert pas à remplir son estomac pour parvenir à satiété, ou à simplement obtenir de l’énergie. Manger sert à donner à nos cellules ce dont elles ont besoin pour fonctionner. Et le fonctionnement de nos cellules dépend de la qualité de ce que nous mangeons.

Distinction digestion et absorption :
Nos aliments se répartissent en 3 groupes principaux : les protéines (viande, œuf, poissons, soja, légumes secs, par exemple), les glucides (sucre, pain, pommes de terre, fruits, légumes, mais les légumes secs qui contiennent beaucoup de protéines contiennent beaucoup de glucides aussi, et les céréales qui contiennent une majorité de glucides contiennent 10% de protéines..), les lipides (huiles, graisses…).
Ils contiennent aussi des minéraux, des vitamines et des antioxydants indispensables au bon fonctionnement de notre corps.
Digérer c’est réduire les protéines, les glucides, et les lipides qui sont des grosses chaînes de molécules en molécules simples qui pourront être assimilées : acides aminés pour les protéines, glucose pour les glucides, acides gras pour les lipides.
Pour casser ces chaînes, notre système digestif utilise des enzymes, contenues dans la bouche, l’estomac, le pancréas, l’intestin.
Cette « réduction » permet leur absorption, c’est à dire leur passage dans le sang pour aller jusqu’aux cellules. Si elles ne sont pas suffisamment réduites, elles sont inassimilables, elles dégradent la flore colique et génèrent de l’hyperperméabilité intestinale.

 

LES TROUBLES DU SYSTEME DIGESTIF DE LA BOUCHE A L’ANUS

I. LA BOUCHE

1. Mastiquer !
La salive contient une enzyme, la ptyaline, qui prédigère les amidons, c’est à dire certains glucides. Bâcler cette étape, c’est se priver d’une prédigestion qui donnera plus de travail à votre pancréas et à votre intestin qui n’en a pas besoin. Imaginez vous utiliser votre voiture 24h/24, 365 jours par an ? C’est pourtant ce qui arrive à beaucoup de systèmes digestifs sollicités sans arrêt par des grignotages. Alors si nous voulons qu’il nous laisse tranquille, au lieu de réclamer sa révision tous les deux mois, le minimum, c’est de lui mâcher le travail.
Tout ce qui a été mal mâché ne pourra pas être correctement digéré ni assimilé, et arrivera finalement au bout du système digestif dans le gros côlon. Ce sera à la flore intestinale de faire un travail qui n’est pas le sien => c’est ce que nous disent vos bactéries quand nous ballonnons, ou émettons des pets bien odorants.
De plus, une flore déséquilibrée est pro-inflammatoire, nous finissons par ressentir ailleurs dans le corps notre réticence à mastiquer.

2. Gencives qui saignent au brossage : alerte !
Signe de plaque dentaire, de tartre (accumulation de bactéries), qui montre que l’équilibre bactérien du système digestif est atteint. Un intestin qui fonctionne bien ne produit pas de tartre.
L’inflammation des gencives retentit sur l’ensemble du corps. Les antioxydants (qui luttent contre l’inflammation) sont utilisés sur ce site et ne sont plus disponibles pour l’ensemble du corps. On parle d’inflammation de bas grade. L’inflammation de l’intestin et la perméabilité intestinale, dont je vais parler plus loin, sont les deux autres facteurs majeurs de l’inflammation de bas grade. Elle peut se traduire par des douleurs articulaires, migraines, fatigue. Mais plus grave encore, cette inflammation de bas grade fait le lit de toutes les pathologies : diabète, arthrose, cancers, maladies dégénératives telles que Parkinson ou Alzheimer, dépression…
Prophylaxie de l’inflammation des gencives : ne pas fumer, brossage des dents doux et efficace (brosse à dents électrique renouvelée tous les 2 mois), visite chez le dentiste tous les six mois, éviter les bains de bouche trop agressifs qui détruisent l’équilibre bactérien, dentifrice naturel.
Enfin et surtout, une alimentation riche en légumes frais et biologiques (c’est à dire au moins 60% de la ration alimentaire), pauvre en sucre (dont alcool, féculents et céréales raffinées ou en excès), pour nourrir les bonnes bactéries de la flore intestinale, et peu de protéines animales pour ne pas nourrir la flore de putréfaction. Sans oublier les oméga 3, les acides gras anti-inflammatoires que l’on trouve dans les petits poissons gras (maquereaux, harengs, sardines).

En fait, ceci pourrait suffire pour la prophylaxie des troubles digestifs.
Mais que faire quand les problèmes sont déjà là ?

II. L’ESTOMAC

1. Aérophagie
Ingestion d’air par l’œsophage, qui descend jusqu’à l’estomac et peut donner des renvois plus ou moins acides, des ballonnements, des gaz. Il est normal d’avaler de l’air en mangeant. Mais comment cette quantité d’air peut-elle devenir excessive ?
Les causes : les chewing-gums, les boissons gazeuses, des repas pris trop rapidement et/ou dans des positions inconfortables (debout ou dans du bruit), ou lorsque l’on est contrarié.
On peut aussi avaler de l’air en dehors des repas, lorsque l’on est stressé.
Les solutions : manger dans le calme, en conscience, prendre un temps pour apprécier ce qui se trouve dans l’assiette, ne pas manger quand on est sous le coup d’une contrariété ; avant chaque repas, pratiquer dix respirations ventrales, et pratiquer régulièrement au cours de la journée un exercice de relaxation ou de méditation ; marcher 10 minutes après le repas ; faire du minitrampoline 10 minutes avant les repas ou 3 heures après (pas de sauts, rester en contact permanent avec le trampoline), excellent pour la articulations aussi ; et sauf contre-indication, les positions inversées du yoga, comme la chandelle, fonctionnent bien (rester 3 minutes), pas après le repas bien sûr ; ostéopathie « viscérale ».

2. Reflux gastro-oesophagien et pyrosis
Il survient quand le contenu de l’estomac impregné d’acide chlorhydrique remonte dans l’œsophage. On peut ressentir des sensations de brûlures, mais pas systématiquement. 1/3 des personnes présentant un RGO n’en souffrent pas. Les symptômes sont des éructations trop nombreuses après le repas, des pesanteurs gastriques, un sommeil non réparateur, et des troubles respiratoires. Les conséquences peuvent aller jusqu’à l’oesophagite.
Un sphincter à la fin de l’œsophage, le cardia, s’ouvre quand on déglutit et se referme pour que les aliments ne remontent pas. La partie haute de l’estomac, appelée angle de His, empêche mécaniquement la remontée des aliments. Quand cette partie de l’estomac remonte au-dessus du diaphragme, c’est la hernie hiatale. Toutes les personnes ayant une hernie hiatale ne souffrent pas de reflux. La hernie hiatale est une cause de RGO mais le reflux n’est pas une conséquence obligatoire de la hernie.
Causes du RGO :
Les graisses saturées (viande surtout grasse, fromages, beurre, jaune d’œuf) relâchent la partie haute de l’estomac et contractent le sphincter du bas (le pylore), empêchant la vidange gastrique. Le repas reste sur l’estomac et augmente la possibilité de reflux.
Le stress spasme l’estomac et gêne les mécanismes d’ouverture et de fermeture. De plus, comme nous l’avons vu, il bloque des quantités d’air importantes dans l’estomac (jusqu’à 4 litres !), qui empêchent aussi la fermeture du haut de l’estomac. Le surpoids, et les repas lourds, surtout le soir, et pire, avant de se coucher, ont le même effet.
Le tabac quant à lui augmente l’inflammation.
Les conséquences d’une mauvaise digestion dans le temps sont trop importantes pour traiter le problème à la légère :
– malnutrition (par manque d’assimilation des nutriments essentiels)
– déséquilibre de la flore intestinale
– surcharge hépatique
– allergies
– maladies auto-immunes (à cause de la dégradation de la muqueuse intestinale).
Les solutions :
Si le problème est chronique, une fibroscopie et une gastroscopie s’imposent.
– Dîner léger et végétalien (sans graisses animales, viande et produits laitiers, et peu de graisses végétales)
– éviter l’alcool qui augmente les brûlures le temps qu’elles disparaissent, l’excès de sel qui agresse la muqueuse, les repas liquides qui gênent la digestion
– peu de graisses saturées (beurre, margarine, fromages, jaune d’œuf, fritures, huile de palme, pâtisseries et biscuits contenant de l’huile de palme, glaces : préférer les sorbets)
– fractionner ses repas en prenant une collation le matin et l’après midi à base d’aliments riches en antioxydants (anti-inflammatoires) : fruits, amandes, chocolat noir, thé vert ou roïbos
– éviter le café qui augmente les sécrétions d’acide chlorhydrique
– alimentation riche en végétaux et en polyphénols : baies rouges, fruits et légumes, amandes entières avec la peau, thé vert, tisane d’hibiscus, huile d’olive extra vierge, herbes aromatiques
– 1 CS de gel d’aloe vera à boire par repas
– supplémentation en magnésium contre l’inflammation
– et éventuellement en antioxydants
– stimuler l’évacuation de la bile avec des plantes cholagogues : chardon marie
– éventuellement, supplémenter en enzymes digestives.

3. Gastrite, pesanteurs gastriques
Elles sont dues au stress, à des repas trop copieux, ou à des excès de graisses qui retardent l’ouverture du pylore. Ou à une insuffisance en acide chlorhydrique, qui active l’enzyme de digestion des protéines. En vieillissant nous en produisant moins. La vidange gastrique est ralentie.
Normalement, une couche de mucus protège la paroi de l’intestin de l’acide chlorhydrique. Ce dernier est très utile, c’est lui qui stérilise les aliments et donc préserve l’équilibre de la flore intestinale, et qui permet d’assimiler la vitamine B12 et le fer dont la carence produit de l’anémie.
Mais quand le mucus manque, l’acide chlorhydrique en contact avec la muqueuse stomacale provoque une inflammation qui peut mener jusqu’à l’ulcère. L’ulcère peut conduire à des lésions pré-cancéreuses.
Le café est un autre grand responsable de l’inflammation de l’estomac car il augmente la production d’acide.
On peut donc souffrir de pesanteurs gastriques par manque d’acide chlorhydrique, mais en sécréter trop quand même sous l’effet du stress en dehors des repas.
Les solutions :
Fibroscopie et gastroscopie s’imposent. Si aucune lésion précancéreuse n’est découverte, et en l’absence d’infection par Helicobacter Pylori :
Dans la mesure du possible, éviter :
– Les pansements gastriques contiennent de l’aluminium qui est neurotoxique.
– Les IPP privent de l’acide chlorhydrique nécessaire à la stérilisation des aliments entraînant des risques de perturbation de la flore intestinale et d’hypersensibilité à certains aliments dont nous verrons un peu plus loin les graves conséquences. Ces médicaments ne devraient être prescrits que sur des durées courtes, pas pendant des années.
– Eviter les anti-inflammatoires qui détruisent le mucus de l’estomac et de l’intestin.
– Faire doser la vitamine D, la vitamine anti-inflammation dont la majorité de la population manque en hiver. En effet, elle est sécrétée par exposition de la peau aux UV, et au nord de Rome, le soleil est trop lointain pour permettre cette sécrétion d’octobre à avril. Une supplémentation doit être effectuée à ce moment. Au-delà de 70-80 ans, la peau sécrète moins et la supplémentation doit être continue.
– Les conseils diététiques du reflux sont valables pour la gastrite. Eviter en plus les épices agressives, les fruits en fin de repas qui ralentissent la digestion.
– On peut y ajouter du dissolvurol, un complément de silicium qui aide à reconstituer les tissus. C’est un complément habituellement recommandé pour les rhumatismes. Il n’a pas de contre-indication.
– La supplémentation en enzymes digestives en revanche est contre-indiquée en cas d’ulcère gastrique ou duodénal.
Les pesanteurs gastriques peuvent être à l’origine des nausées que nous allons voir dans le chapitre foie/vésicule biliaire à suivre.

III. LE FOIE ET LA VESICULE BILIAIRE

1. Nausées et surcharges hépatiques
Signe que le foie est surchargé. Parmi autres les symptômes indiquant une surcharge hépatique, notons, les migraines, l’hypersudation, l’hypersalivation, le syndrome pré-menstruel, la fatigue chronique, les réveils nocturnes, la sensibilité accrue à l’alccol ou à la caféine sont aussi le signe d’un besoin de détox hépatique urgent.
Causes :
– excès de graisses, sucres, toxiques (médicaments, alcool, additifs alimentaires…)
– pesanteurs gastriques
– dysbiose intestinale
Solutions :
– Instantanée : une goutte d’huile essentielle de menthe poivrée sur le foie, sous la dernière côte à droite, et une trace sur la langue, une goutte sur un support neutre à avaler, elle est contre-indiquée pour les femmes enceintes.
– En profondeur : une cure de 20 jours de desmodium ou chardon marie suivie d’une cure de radis noir ou artichaut après 10 jours de pause.
– Manger des légumes soufrés : radis noir, artichaut, poireau, oignon, crucifères + curcuma
– Fournir à l’organisme les nutriments nécessaires à sa détoxication : magnésium, vitamines du groupe B, antioxydants.
– Pratiquer un soir ou deux par semaine une monodiète de légumes verts, mangés à volonté, sans matière grasse.

2. Constipation
La constipation pour la médecine, c’est une fréquence de selles de moins d’un jour sur deux. Pour les naturopathes, on est constipé dès que l’on ne va pas à la selle tous les jours. Normalement, notre physiologie est faite pour qu’à chaque absorption de graisses, il y ait évacuation.
Pourquoi parler de la constipation dans le chapitre foie / vésicule biliaire alors que toute personne constipée sent bien que le problème se situe plus bas ? Parce que le foie produit la bile qui est stockée dans la vésicule biliaire et se déverse dans le duodénum dès que des graisses arrivent dans l’estomac. Cette bile est un lubrifiant des parois intestinales sans lequel les matières fécales ont du mal à progresser dans le tractus digestif.
Causes :
– Spasme de la vésicule biliaire à cause du stress.
– surcharge hépatique. Le foie a 250 fonctions : en cas de surmenage, il peut avoir du mal à produire la bile.
– un défaut de péristaltisme, le mouvement de l’intestin qui fait progresser les fécès. Souvent lié au stress.
– manque d’hydratation
– intestin irrité : nous verrons en détail ce problème avec le syndrome de l’intestin irritable.
Solutions :
– Un verre d’eau tiède avec quelques gouttes de citron (1/4 de citron) à jeun le matin, 10 minutes avant le petit déjeuner, aide la vidange de la vésicule.
– Une cuillère à café d’huile d’olive avec quelques gouttes de citron est plus radical.
– des plantes cholérétiques qui stimulent la production de bile et des plantes cholagogues, qui favorisent son expulsion de la vésicule biliaire : radis noir, artichaut, boldo, romarin, curcuma.
– La tisane d’hibiscus, dynamisante, peut être prise au petit déjeuner, elle a un effet laxatif doux.
– Boire 1,5 litre d’eau tout au long de la journée, en dehors des repas et marcher au moins 30 mn par jour.
La constipation peut avoir d’autres causes que nous verrons avec l’intestin.

3. Hémorroïdes
Bien sûr les hémorroïdes n’apparaissent pas sous la côte droite, elles sont bien situées là où elles font mal, c’est à dire sur l’anus. Mais en naturopathie, où l’on recherche la cause de la cause du problème, ces veines gonflées qui vous rendent douloureuse la libération autrefois tant appréciée, ont pour origine un « engorgement » du foie, autrement dit, un foie qui travaille trop et freine la circulation de retour du sang. C’est comme l’entrée de l’autoroute un weekend de grandes vacances, ça stagne et c’est pénible.
Solutions : aider le foie à faire son travail d’abord avec des plantes qui le soutiennent mais qui ne le drainent pas (il a déjà assez de travail ), chardon marie ou desmodium pendant 3 semaines, et alors seulement le drainer avec des plantes cholérétiques, artichaut, radis noir. En même temps, utiliser LA plante des hémorroïdes, le marron d’Inde. En application locale, une goutte d’huile essentielle hélycrise italienne et une de cyprès diluées à 10% dans de l’huile végétale.

IV. L’INTESTIN GRELE : LES « INTOLERANCES » ALIMENTAIRES ET L’HYPERPERMEABILITE INTESTINALE

La barrière intestinale est constituée de
– cellules appelées entérocytes,
– de villosités qui les prolongent et vont faire passer dans le sang les nutriments digérés,
– de jonctions serrées qui relient les entérocytes et empêchent bactéries et nutriments incomplètement digérés de passer dans le sang
– de mucus, qui empêche le contact entre d’éventuels agresseurs et la muqueuse.
– Par-dessus une partie partie de notre flore (la majeure partie est dans le gros côlon).
– Derrière cette barrière se loge 80% de notre immunité, des cellules qui produisent des anticorps en cas d’intrusion de bactéries ou protéines étrangères.

1. Différence intolérance, allergie, hypersensibilité.
– Intolérance : exemple, au lactose : on n’a plus de lactase pour le digérer. Intolérance au glucose, le diabète, on n’a plus d’insuline pour digérer le sucre.

– Allergie : hypersensibilité de type 2 : allergie vraie avec possibilité de choc anaphylactique. Elle est mesurée par les immunogloulines E, IgE

– Hypersensibilité de type 3, elle est mesurée avec les IgG, et apelée aujourd’hui à tort intolérance.

2. Le gluten
Qu’en est-il de cette fameuse intolérance au gluten qui a ouvert une guerre entre ceux qui parlent de mode et ceux qui savent bien que le gluten « ne passe pas » sans avoir la maladie coeliaque ?
Le gluten est une protéine présente dans le seigle, l’avoine, l’orge, le blé, le froment, l’épeautre, le kamut.
La maladie coeliaque : intolérance au gluten, maladie auto-immune pour laquelle il existe une prédisposition génétique mais des facteurs environnementaux sont en cause également. Ces facteurs sont encore mal connus : virus, bactéries ? La prise d’antibiotiques pendant les premiers mois de la vie, l’introduction du blé trop précoce dans l’alimentation du nourrisson semblent corréler la maladie. L’accouchement par voie basse et l’allaitement sont protecteurs. Le changement de mode de vie contemporain, avec son lot de stress, sa surconsommation de sucres rapides et l’utilisation des antibiotiques qui perturbent l’équilibre du microbiote est aussi un facteur.
Pourquoi parle-t-on aujourd’hui tellement de cette intolérance au gluten alors qu’avant on digérait très bien le blé ? S’agit-il d’une mode ?
Les connaissances sur les intolérances sont nouvelles, beaucoup pouvaient être hypersensibles sans que l’on sache nommer leur problème. De plus, la qualité du blé a beaucoup changé avec l’agriculture intensive. Aujourd’hui on mange du blé Monsanto muté cultivé au Roundup. Le système immunitaire est plus réactif face à des protéines intoxiquées.
L’hypersensibilité non coeliaque : la gliadine, une protéine du gluten, surexprime une protéine contenue dans les entérocytes, la zonuline. Celle-ci sort de l’entérocyte, se fixe sur un recepteur à l’extérieur qui y est très sensible. Elle provoque alors une dégradation du tissu de l’intestin et l’ouverture des jonctions serrées qui relient les cellules intestinales. Ces jonctions serrées sont la barrière empêchant les intrus de passer dans la circulation sanguine. Quand elle est dégradée, c’est l’hyperperméabilité : des protéines peuvent y passer, elles sont reconnues comme des intruses par le système immunitaire qui envoie des anticorps pour les détruire. Ces anticorps circulent ensuite dans l’ensemble du corps et peuvent alors s’attaquer aux cellules qui ont un patrimoine génétique proche de cette protéine. Cette communauté de gènes, on peut l’avoir avec des protéines animales ou des plantes. Elle est propre à chacun, les protéines qui nous construisent nous sont propres, à chacun ses réactions.
Si la protéine intruse ressemble à celle de notre cartilage par exemple, les anticorps vont le dégrader, ce qui provoque les maladies auto-immunes du système ostéo-articulaire : polyarthrite rhumatoïde… Nous venons tous des bactéries d’il y a 3 milliards d’années, et chacun porte la trace de ce patrimoine génétique originel à sa manière. Notre patrimoine génétique provient à 37% de ces bactéries originelles, à 18% des vertébrés et et à 6% seulement des primates.
Ce même processus d’hyersensibilité non coeliaque a été à l’œuvre dans la maladie coeliaque mais s’est accentué dans le deuxième cas.
Dans les deux cas, à des degrés différents, il y a destruction des villosités de l’intestin, qui ne peuvent donc plus absorber les nutriments. La conséquence est une dénutrition, et un stress accru, car le magnésium est mal absorbé, le magnésium étant le minéral anti-stress.
Comme, une fois encore, la cause majeure de l’hyperperméabilité intestinale est le stress, un cercle vicieux s’instaure. Quand on parle de stress, il peut s’agir d’un stress qui n’est pas perçu, une simple hyperactivité par exemple, et la vie moderne encourage largement cette activité incessante. Ce stress émotionnel récurrent empêche la reconstruction de la barrière.
Solutions :
Travailler sur la barrière intestinale :
– gestion du stress et exercice physique quotidien (au moins 30 mn de marche)
– suppression des agresseurs de la muqueuse
– nourrir les bonnes bactéries de l’intestin avec une alimentation riche en fibres
– apport de glutamine, de probiotiques.
De plus, quand les cellules de l’intestin sont endommagées, le foie subit un surcroît de travail. En effet, les entérocytes sont le premier lieu de la détoxication, ils possèdent, comme les foie, des cytochromes, qui peuvent rejeter les substances toxiques. C’est ce qui explique que chez certaines personnes, les traitements comme la chimiothérapie per os sont rejetés. Il faut donc soutenir le foie, avec des plantes cholérétiques d’abord, pour favoriser l’évacuation de la bile, chardon marie, et ensuite des plantes cholagogues, artichaut, radis noir, pour favoriser sa production.

3. Le lactose et la caséine du lait
Le cas du lactose et du lait.
Distinguer dans le lait le lactose, le glucide, de la caséine, la protéine.
Le lactose, on l’a vu, peut provoquer une intolérance en l’absence de lactase.
La caséine du lait peut provoquer une hypersensibilité si notre intestin, hyperperméable, sécrète un anticorps contre cette protéine.
La caséine affecte aussi les jonctions serrées de l’intestin.
Pourquoi y a-t-il moins de réactions avec le lait de chèvre ou de brebis ? Parce que le lait de vache est produit à 99 % par une seule espèce de vache aujourd’hui, qui a été utilisée pour son grand rendement dans les années 70 quand les besoins en lait on été accrus. C’est la vache Holstein, la vache noire et blanche bien connue. Or, la protéine de cette vache est mutée. Notre système immunitaire réagit davantage avec cette protéine mutée. Il y aurait moins ou pas de réaction avec un lait d’une vache brune acheté directement à la ferme.

4. Les tests d’intolérance aux aliments
Les tests d’intolérance, qui sont si chers, ne servent qu’à une chose : montrer qu’à un moment on a eu une hyperperméabilité intestinale, qui a permis le passage d’aliments non complètement digérés. Ceux-ci ont déclenché des processus immunitaires (les immunoglobulines G, qui gardent en mémoire les attaques contre le système immunitaire, en portent la trace).
Le test le plus fiable aujourd’hui d’une hyperperméabilité intestinale est celui de la zonuline et des Lpb (des lipoprotéines libérées par les mauvaises bactéries quand elles meurent et qui passent dans le sang).
Ces tests sont chers aussi et l’on peut s’en tenir aux symptômes pour décider de traiter une hyperperméabilité.

5. Les conséquences de l’hyperperméabilité
L’hyperperméabilité génère de l’inflammation dans l’ensemble du corps, c’est l’inflammation de bas grade. La liste des symptômes est donc immense :
Douleurs articulaires, nous avons vu le lien entre les anticorps générés par le système immunitaire de l’intestin et la dégradation des cartilages.
C’est le même phénomène à l’œuvre dans les maladies auto-immunes, telles que sclérose en plaques, spondylarthrite ankylosante, thyroïdite auto-immune…
Anxiété, insomnie : car l’inflammation intestinale consomme sur ce site le tryptophane qui est le précurseur de la sérotonine, le neurotransmettteur du bien-être, lui-même précurseur de la mélatonine, l’hormone du sommeil.
Sinusite : car la dégradation du tissu épithélial de l’intestin touche les cellules qui sont productrices des IgA, les immunoglobulines qui protègent l’ensemble des muqueuses du corps, aussi bien diegstives que respiratoires. En cas de troubles ORL récurrents, de rhumes fréquents, toujours suspecter une porosité intestinale.
L’inflammation de bas grade fait le lit de la plupart des pathologies : cancer, diabète, surpoids, maladies dégénératives telles qu’Alzheimer ou Parkinson…
La grande majorité de la population souffre ou a souffert d’hyerperméabilité intestinale.
La cause la plus fréquente en plus de l’alimentation : le stress.

V. LE GROS INTESTIN ET SA FLORE OU MICROBIOTE

1. Dysbiose intestinale
La dysbiose c’est la rupture de l’équilibre de la flore intestinale. Alors, la flore potentiellement pathogène, qui est normalement tenue en repsect par les bonnes bactéries, peut proliférer, comme par exemple l’escherichia coli qui provoque des cytites, ou le candida albicans, un champignon qui peut provoquer des mycoses vaginales ou aux ongles des pieds. Souvent les symptômes de la candidose (excès de candia albicans) ne sont pas spécifiques. Comme elle entraîne une hyperperméabilité de l’intestin, on retrouve plutôt des symptômes commun à ce problème.
Dès que sont présents 4 de ces symptômes simultanément, le naturopathe suspecte la prolifération de candida albicans :
Ballonnements, douleurs intestinales, mycoses vaginales ou des ongles, troubles ORL (asthme, bronchites…), allergies aggravées (respiratoires ou cutanées), fatigue, cystites, fortes envies de sucre, de graisses saturées, anxiété.
Solutions :
Pendant plusieurs mois ( de 4 à 6), il faut arrêter de nourrir les mauvaises bactéries et champignons qui raffolent de : sucre dont miel, alcool, graisses saturées en excès (charcuterie, beurre, fromage, huile de palme des biscuits industriels…), éviter les aliments à index glycémique élevé (toutes les céréales et farines raffinées, pâtes, riz et pain blanc, les fruits très sucrés : mangue, banane, cerises, figues, fruits séchés), les pommes de terre, éviter les fromages à moisissure, et tous les aliments industriels qui contiennent des additifs qui perturbent la bonne flore.
Pour combattre le candida : prendre avant chaque repas et changer tous les 10 jours les plantes qui le combattent : neem, lapacho, extrait de pépin de pamplemousse, propolis et pollen frais (produits de la ruche), ail, sariette, thym et les huiles essentielles de thym à linalol, tea tree, laurier noble.
Puis réensemencer la flore avec des probiotiques.

Le syndrome de l’intestin irritable sera vu dans la prochaine conférence du lundi 26 mars.